Digi-deuil Distribution (DDD) est une installation participative du duo montréalais composé de Anna Eyler & Nicolas Lapointe, centrée sur la notion de mort numérique.

Biographie

Travaillant en sculpture et en nouveaux médias, aenl (alias Anna Eyler et Nicolas Lapointe) entretient une pratique artistique essentiellement collaborative. Le duo a participé à des résidences avec Espace Projet (Montréal, 2015), Verticale (Laval, 2018) et le Bòlit : Centre d’Art Contemporani (Catalogne, 2019). Parmi leurs récentes expositions, citons void loop () à la Galerie d’art de l’hôtel de ville (Ottawa, 2018) et of the mountain and the ravine à la White Water Gallery (North Bay, 2020). Les deux artistes ont aussi participé récemment à des expositions collectives présentées dans divers événements dont le festival Place Publique à la Fonderie Darling (Montréal, 2020), le Festival d’art numérique d’Athènes (Athènes, 2020), Sight & Sound à Eastern Bloc (2021) et MUTEK Montréal (2021).

http://www.aenl.net/

 

Zoom Out

ZOOM OUT / SORTIR DE ZOOM

Micro momentum d’événements artistiques 

Juillet – octobre 2022 | Sherbrooke

 

ZOOM OUT / SORTIR DE ZOOM est le thème d’un événement ponctuel à géométrie variable rassemblant plusieurs acteurs culturels autour d’une réflexion commune. Au-dehors des appellations habituelles – festival, biennale, triennale ou carnaval – ZOOM OUT / SORTIR DE ZOOM existe en tant que momentum d’activités artistiques, mettant en valeur la confluence de différentes programmations qui ont été réfléchies en commun et en parallèle, afin de renforcer la visibilité des organisations qui sont le cœur battant de la diffusion artistique à Sherbrooke.

Initié par Sporobole, ZOOM OUT / SORTIR DE ZOOM prend forme à travers la rencontre des propositions de la galerie Antoine-Sirois de l’Université de Sherbrooke, de la Galerie Foreman de l’Université Bishop’s et du Musée des beaux-arts de Sherbrooke. À cela s’ajoutent une exposition et un lancement de publication dans la galerie de Sporobole; deux performances participatives, dont une au CASJB et l’autre dans l’espace public; ainsi qu’une soirée de performances à La petite boîte noire.

ZOOM OUT / SORTIR DE ZOOM s’étalera de juillet à octobre 2022, avec un moment fort les 8, 9 et 10 septembre 2022, comprenant des vernissages, des finissages, des lancements et des performances.

En espérant vous y voir nombreux !

Bon micro momentum

 

À propos du thème

ZOOM OUT / SORTIR DE ZOOM

Dans un monde où d’importantes portions de notre vie quotidienne tendent à s’abstraire et à se virtualiser, que deviennent nos espaces partagés et comment nos interactions se déploient-elles ? Le corps, dans ces espaces, est également mis en question : comment se trouve-t-il redéfini, resitué ? Car cadré à l’intérieur de l’écran – comme le désormais banal et quasi quotidien ‘Zoom meeting’ pandémique nous l’a démontré ces deux dernières années – le corps perd de sa consistance et de sa présence. Le visage est mis à l’avant-plan, puis le reste tombe dans le hors champ de l’écran.

D’une certaine manière, les technologies semblent vouloir nous pousser à oublier le corps, à le mettre de côté, à en faire quelque chose d’optionnel, à devenir une extension du numérique plutôt que l’inverse. Ce constat n’est pas nouveau, déjà Baudrillard dans les années 1990 nous faisait prendre conscience de la prolifération des écrans, puis, avant lui, Flusser rendait compte de la manière dont les dispositifs technologiques induisent nos gestes et non l’inverse. En revisitant Le langage des nouveaux médias (2010, trad) de Lev Manovich sur la question du corps et des interfaces, une référence au film Le Cobaye (The Lawnmower Man, 1992) nous rappelle à quel point l’imaginaire que nous projetons dans le monde virtuel est loin de la réalité – c’était le cas en 1992, ça l’est encore aujourd’hui.

Néanmoins ces mondes virtuels que nous créons incessamment, ces espaces constitués de 0 et de 1, sont des “constructions” qu’il convient de qualifier de réelles : elles participent de notre réalité au même titre que tout ce que contiennent nos environnements, immédiats ou non. Pour ZOOM OUT / SORTIR DE ZOOM, c’est la frontière entre ces espaces réels et virtuels, et leur porosité qui nous intéressent. De quelle manière ces espaces se contaminent-ils ? Comment leur croisement opère-t-il à la lisière de leur contour réciproque ? Et de quelle manière sommes-nous en mesure d’appréhender ces espaces hybrides comme corps agissants ?

 

Dans le cadre de ZOOM OUT / SORTIR DE ZOOM

Micro Momentum d’événements artistiques à Sherbrooke, en collaboration avec Sporobole

 

Digi-Deuil Distribution (DDD) est une installation participative centrée sur la mort numérique. Alors que l’espace virtuel s’encombre de plus en plus de nos artefacts numériques, DDD questionne l’impact de la technologie sur notre compréhension de l’(im)mortalité. À travers une esthétique « art pixel » inspirée des jeux vidéo, DDD joue avec la ludification et la marchandisation de l’expérience contemporaine en considérant comment nos sujets les plus sacrés sont transformés en produits de consommation. Dans le même temps, les jeux offrent un point d’entrée pour réfléchir à nos peurs et à nos angoisses les plus profondes en dehors de la vie quotidienne. Faisant écho aux contraintes des médias sociaux, DDD n’autorise qu’un court texte et un seul fichier média par lesquels les participants peuvent s’autoreprésenter, remettant ainsi en question les limites de la construction de l’identité numérique en ligne.

Par ailleurs, DDD invite les participants à acheter un petit morceau d’espace virtuel dans le cimetière numérique de digideuil.net/. Une machine distributrice personnalisée offre des pierres tombales en acrylique contenant des adresses web qui conduiront l’utilisateur/propriétaire à sa propre sépulture. Chaque pierre tombale est unique et personnalisable, et les participants sont invités à rédiger une courte épitaphe et à enterrer une image/un texte/un fichier son pour commémorer leur mort numérique, qui sera visible par les visiteurs du site web.

À venir